La Pensée et l'action

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La Pensée et l'action
written by Paul Langevin
1946
  • La Pensée et l'Action
  • Conférence faite à l' Union Française Universitaire, le vendredi 10 mai 1946.

Je voudrais tout d'abord insister sur la solidarité toujours plus étroite, sur la fécondation réciproque entre la pensée et l'action, entre la science et la technique, entre la théorie et l'expérience ou, comme disent nos amis soviétiques, entre la théorie et la pratique, forme élargie et quotidienne de l'expérience. Notre science est issue, pour une grande part, des besoins de l'action. Cela est bien connu pour les mathématiques, depuis l'arithmétique et la géométrie jusqu'au cal-cul différentiel et intégral. Les progrès de l'astronomie sont liés soit au problème de la mesure du temps, soit au désir de prévoir les positions relatives des astres, ou l'avenir des hommes, soit, dans l'antiquité comme à l'époque de la Renaissance, aux besoins croissants de la navigation. L'optique, telle qu'elle a été développée surtout par Galilée, Képler, Descartes, Newton, a suivi une marche parallèle à celle de l'astronomie dont elle s'est efforcée de satisfaire le besoin toujours plus grand de précision dans l'observation du ciel. A peu près à la même époque, le développement de la mécanique, qui a commencé également avec Galilée, Descartes, Huyghens et qui s'est épanoui avec Newton est étroitement lié aux problèmes posés par la balistique et par l'astronomie. Le calcul différentiel et intégral a été créé au XVIIIe siècle pour répondre aux questions posées par les mécaniciens, les balisticiens et les architectes. Au XIXe siècle, la thermodynamique et la connaissance précise des lois qui régissent les gaz et les vapeurs se sont développées lorsque les applications de la machine à vapeur ont commencé à prendre une importance essentielle. Et depuis que, sous cette influence, notre grand Sadi Carnot a énoncé pour la première fois les principes essentiels de la thermodynamique, cette science domine une grande partie de la physique et de la chimie pures ou appliquées. Ainsi, dans tous ces exemples, les besoins de l'action ont déterminé l'activité de la pensée. En sens inverse, les besoins de la pensée une fois manifestés, le souci de comprendre, ce que j'ai appelé la sainte curiosité ne laissent pas à l'esprit de repos tant qu'il n'a pas pas construit une interprétation des phénomènes naturels, soit pour calmer l'inquiétude ancestrale, soit, de plus en plus nettement, dans un but de satisfaction intellectuelle. Les résultats de cette recherche, la science pure qu'elle permet de créer, se sont montrés d'une surprenante fécondité au point de vue de l'action par les applications imprévues auxquelles ils ont donné lieu. En suivant la voie qui conduit à la science par les besoins de l'action, on sait à l'avance ce qu'on veut obtenir et on cherche des moyens de plus en plus rationnels et précis pour y parvenir. Dans le second cas, au contraire, ce qui est particulièrement impressionnant c'est que le seul souci de comprendre conduit à des applications bien plus extraordinaires, bien plus merveilleuses que les rêves les plus ambitieux. Si tout effort de pensée vient ainsi féconder l'action, réciproquement le développement de la technique vient mettre au service de la science des moyens d'action toujours plus puissants sans lesquels certaines recherches seraient impossibles. Le cyclotron, par exemple, qui permet d'opérer des transmutations en lançant des noyaux atomiques les uns contre les autres, le grand électro-aimant de Bellevue, utilisent des courants électriques sauts que seules les grandes stations centrales modernes sont capables de fournir. Le développement des industries métallurgiques, travaillant en liaison avec les laboratoires de recherches, a permis de créer des alliages nouveaux dont les propriétés élastiques, thermiques ou magnétiques viennent constamment apporter à la science de nouveaux moyens d'investigation. Ainsi nous constatons, dans l'état actuel des choses, une solidarité de plus en plus étroite, une liaison de plus en plus intime entre la science et la technique, entre les formes modernes de la pensée et de l'action. Je voudrais maintenant me placer à un point de vue plus historique et examiner comment s'est progressivement élargie l'emprise de la pensée, en même temps qu'augmentait la pénétration de l'esprit scientifique dans tous les domaines de l'activité et de la connaissance ainsi que l'importance du rôle des savants dans le développement matériel et moral de la collectivité humaine. Comme l'a dit Goethe, au commencement était l'action, nécessaire au maintien de la vie, et c'est l'action qui a engendré la pensée sous des formes de plus en plus claires et conscientes à mesure qu'augmentait la complexité des êtres vivants et de leurs groupes ; c'est dans notre espèce qu'elle semble avoir pris, au moins sur la terre, ses formes les plus élevées. Sous l'occupation, alors que j'attendais à Troyes la fin des années douloureuses, j'ai reçu de mon cher Henri Wallon son beau livre écrit pendant les loisirs forcés de sa vie clandestine : "De l'acte à la pensée". Il y retrace l'aspect ontogénique de cette évolution et montre comment l'enfant s'élève progressivement, comme l'ont fait autrefois ses ancêtres, à l'acquisition du système de symboles et de concepts qui, à travers le langage, nous permet de penser une représentation toujours plus adéquate de la réalité. Notre humanité était déjà riche à ce point de vue lorsque, il y a quelques milliers d'années, la pensée que nous appelons logique a pris vraiment conscience d'elle-même et qu'une science digne de ce nom est devenue possible. La première tâche de cette pensée logique et de la science qu'elle rend possible a été, sous l'aspect tout d'abord philosophique et mathématique, de mettre de l'ordre dans le trésor des notions lentement acquises au cours des siècles. Ce fut l'oeuvre de l'antiquité et principalement des Grecs pour notre monde occidental. On y a construit des systèmes tels que celui de Démocrite, d' Epicure et de Lucrèce dont le but, d'ordre aussi bien moral que scientifique, était, en donnant une représentation cohérente du monde, une explication intelligible des phénomènes pour libérer les hommes de la crainte. Il s'agissait avant tout, selon la conception statique des Grecs, d'organiser de manière cohérente et durable l'acquis du passé dans lequel la réflexion, surtout déductive, trouvait une matière prodigieusement riche et qui semblait inépuisable. La fécondité initiale de cette exploitation des richesses anciennes a contribué à créer l'illusion scolastique que l'esprit pouvait tirer de ses propres forces l'essentiel de sa compréhension et de sa représentation du monde ; l'esprit se trouvait, selon la conception platonicienne, en communication, ne fût-ce que par des ombres, avec le monde préétabli des idées et pouvait y puiser indéfiniment sans juger nécessaire un recours permanent à l'observation ou à l'expérience. Cette conception dualiste opposant l'âme et le corps, l'esprit et la matière, le monde des idées à celui des apparences sensibles n'était probablement elle-même que le reflet de la structure sociale où l'homme libre s'opposait à l'esclave, les activités intellectuelles aux manuelles, la pensée à l'action.


Rôle social du savant


En même temps que s'élargissait ainsi la conception de la science, s'élargissait aussi la conception du rôle que pouvait jouer le savant dans la cité, de ses devoirs envers celle-ci. Ce mouvement, suivant à plus d'un siècle d'intervalle l'exemple de Voltaire, défenseur de Calas, de Lally-Tollendal, de Sirven et du malheureux Chevalier de la Barre, a commencé chez nous sur le plan de la justice individuelle avec l'affaire Dreyfus, vieille déjà de cinquante ans et sur laquelle il est nécessaire que l'oubli ne se fasse pas, serait-ce seulement en raison du rôle considérable qu'elle a joué dans l'histoire de notre République. Il s'agissait, à cette époque heureuse où le sort d'un seul homme comptait encore beaucoup et pouvait passionner la collectivité, d'un cas d'injustice individuelle où, pour couvrir des manoeuvres criminelles et pour maintenir un innocent au bagne, on invoquait un fallacieux prétexte d'intérêt national. Les hommes de pensée, les intellectuels selon le terme voulu péjoratif dont on les qualifia et qu'ils ont relevé depuis comme un drapeau, se sont à ce moment-là jetés dans l'action sous la conduite de juristes comme Trarieux ou Pressensé, d'historiens comme Jaurès ou Aulard, de philosophes comme Gabriel Séailles ou Victor Basch, d'écrivains comme Emile Zola ou Anatole France, d'éducateurs comme Ferdinand Buisson, de mathématiciens comme Paul Painlevé ou Jacques Hadamard, de chimistes comme Grimaux, de biologistes comme Emile Duclaux. Les jeunes que nous étions ont passionnément pris part à cette bataille qui s'est terminée par un tardif triomphe de la justice, mais qui a laissé des traces profondes dans notre pays. Un des prolongements de l'Affaire, comme nous disions, est la création de la Ligue des Droits de l'Homme qui a pris tout d'abord pour tâche la défense des individus contre les abus du pouvoir collectif. A son action quotidienne participent surtout des hommes de pensée, puisque son comité central comprend une majorité d'universitaires dont des mathématiciens comme mes amis Émile Borel et Jacques Hadamard, un ethnographe et linguiste comme Paul Rivet. J'ai moi-même l'honneur de la présider, succédant à un homme dont le nom est symbolique de cette union nécessaire de la pensée et de l'action, Victor Basch, qui, pendant cinquante ans depuis le début de l'affaire Dreyfus, n'a cessé, tout en accomplissant son oeuvre de philosophe et d'esthéticien, de militer en faveur de la justice pour trouver, dans l'abominable assassinat dont il fut victime avec sa femme à Lyon, une fin digne de son courage et conforme à son désir profond. Il a lui-même parlé de façon bien significative des Circonstances dans lesquelles s'est révélé à lui, il y a un demi-siècle, le devoir auquel il a donné le meilleur de lui-même. Voici ce qu'il en dit : « Il se produisait alors en moi un phénomène étrange. Moi qui jusqu'alors n'avais, à proprement parler, éprouvé aucun sentiment social, qui n'avais vécu que pour moi-même, pour mon enseignement, pour mes livres et pour ma famille qui était encore moi-même, je me sentis transformé. Comment vivre avec la conscience de cette monstrueuse iniquité? Comment, à moins d'en être complice, ne pas consacrer tout ce qu'on peut avoir d'énergie, d'intelligence et de force d'action à lutter contre elle? N'avais-je pas le devoir de sacrifier à cette tâche tout ce qui m'était cher, ma tranquillité, celle des miens, ma situation et jusqu'à ma vie même » Et il lui fut donné d'aller jusqu'au bout de ce sacrifice dont la signification s'est amplifiée à mesure que s'élargissait la notion de justice pour laquelle nous combattions. Il s'agissait d'abord d'un seul homme injustement condamné, mais les yeux ouverts sur l'iniquité individuelle ne pouvaient pas ne pas voir le monceau des iniquités sociales ou internationales. Comment vivre en repos dans un monde où soit encore possible une régression comme celle des années récentes, comment ignorer que l'humanité enfante un monde nouveau dans des douleurs sans nom? Que penser de ceux dont l'égoïsme les conduit à poursuivre des buts ou à chercher un profit personnel avec une absence complète de sens civique, dans une indifférence et un attentisme infiniment coupables et infiniment dangereux? Un nombre croissant d'intellectuels a compris le devoir que leur impose la situation actuelle du monde. Après la Ligue des Droits de l'Homme dont l'action s'est amplifiée après l'autre guerre jusque sur le plan international et qui s'est placée à la pointe du combat contre le fascisme, s'est constitué, en 1934, le Comité de vigilance des intellectuels anti-fascistes dont tous les membres n'ont malheureusement pas su voir la grandeur du danger, et il a fallu les années terribles que nous venons de traverser pour que naisse notre Union Nationale des Intellectuels dont fait partie l'Union Française Universitaire. Elle doit grouper tous ceux qui ont compris.

Permettez au vieil homme que je suis d'évoquer encore son expérience personnelle, de retracer la voie dans laquelle les circonstances m'ont amené à concilier de mon mieux des tâches diverses et tout au long de laquelle j'ai pu vérifier combien il est plus facile de remplir son devoir que de le connaître. Je me suis ainsi trouvé conduit à une dispersion au moins apparente que me reprochaient, avant la guerre et l'occupation récentes, certains de mes meilleurs amis, non pas tant dans l'intérêt de la science qui pouvait se passer de moi, mais dans mon intérêt personnel. La plupart d'entre eux ont changé d'avis et sont maintenant avec nous. Les problèmes de justice internationale, celui de la paix en particulier, se sont posés dans les années suivantes de manière toujours plus aiguë. Le rôle que joue aujourd'hui la crainte de la bombe atomique l'était à cette époque par celle de la guerre chimique, et je me suis employé, pendant de longues années, à essayer de propager la conviction que la volonté des peuples pouvait seule imposer la paix devant le danger croissant que le développement des moyens de destruction faisait courir à l'humanité. J'ai continué ainsi jusqu'en 1933, jusqu'au succès du national-socialisme en Allemagne, conscient d'un danger qui comprenait celui de la guerre, mais qui le dépassait puisqu'il se manifestait non seulement à l'extérieur par des menaces contre la paix, mais encore à l'intérieur de notre pays par des menaces contre nos libertés en vue du maintien d'un ordre économique périmé. Ce double danger que représentait le fascisme est devenu évident pour tous à partir du 6 février 1934 et l'action est devenue particulièrement dure pour ceux qui avaient compris l'origine commune des difficultés du dehors et du dedans. Après avoir été en quel-que sorte sensibilisé par ma présence en Chine au moment de l'agression japonaise sur la Mandchourie, en 1931, et avoir souffert avec le peuple chinois, j'ai été de ceux qui ont souffert de manière toujours plus aiguë avec l'Ethiopie, l'Espagne, l'Autriche et la Tchécoslovaquie, mais je compte parmi les heures les plus douloureuses de mon existence celles passées à lutter, au sein du Comité de Vigilance des Intellectuels Antifascistes, contre ceux, bien intentionnés pour la plupart, qui croyaient pouvoir en même temps combattre le fascisme dans notre pays et composer avec lui au dehors au nom d'un pacifisme aussi aveugle qu'intégral. Cet état d'esprit nous a valu le succès de Franco en Espagne et la honte de Munich. Puis ç'a été le fond de l'abîme, la menace sur la Pologne, la drôle de guerre, le refus de mourir pour Dantzig et la trahison, et enfin notre redressement, la Libération qu'il s'agit de rendre vraiment effective. Je dois dire que, depuis deux ans, j'ai trouvé un grand réconfort à constater que la nécessité de rapprocher la pensée scientifique de l'action politique ou sociale est maintenant comprise par un grand nombre d'entre nous qui veulent ainsi contribuer de toutes leurs forces à l'avènement d'un monde plus juste et meilleur.

Pour vous montrer que les intellectuels de notre pays ne sont pas seuls à penser ainsi, je voudrais, après ce que vous a rappelé tout à l'heure M. Orcel au sujet de l'Amérique, vous lire quelques extraits d'un article écrit avant la bombe atomique par un des savants anglais les plus remarquables, un de ceux qui ont joué, pendant la guerre récente, un rôle important dans la contribution scientifique à l'effort de guerre britannique. Il s'agit de John Desmond Bernal, physico-chimiste éminent et grand citoyen du monde. Voici ce que j'ai pris plaisir à traduire il y a quelques mois pour la revue "La Pensée" : Un des paradoxes de l'époque actuelle est que l'humanité peut devenir capable de transformer le monde si rapidement qu'elle cesse de comprendre exactement ce qu'elle fait. Un autre est que notre connaissance des lois générales et des faits particuliers concernant la nature et l'homme se soit enrichie au cours des trente dernières années plus qu'elle n'avait fait dans toute notre histoire antérieure, et que, cependant, jamais ce savoir n'ait été si peu considéré ni si mal employé. Cela est dû en partie à ce que la science moderne devient de plus en plus complexe et aussi à ce qu'elle prend un caractère de plus en plus professionnel. Puisque certains sont payés pour la développer, pourquoi les autres se fatigueraient-ils à essayer de les suivre? Et pourtant cette ignorance est dangereuse en ce qu'elle empêche de comprendre les causes profondes des grands événements auxquels nous assistons. L'histoire des années récentes aurait dû nous montrer qu'il n'est plus facultatif, mais absolument nécessaire, de comprendre la science, de l'apprécier à sa juste valeur et de savoir l'utiliser de manière bienfaisante. « Le tragique de la lutte actuelle tient à ce que les biens vers lesquels tendent les efforts des hommes — nourriture, travail, sécurité, liberté — sont rendus par la science accessibles à tous. Les ressources, le savoir et l'habileté nécessaires à la construction d'un monde nouveau sont là, mais nous en tirons seulement le danger et la mort, la misère et le malheur. Si les peuples pouvaient au moins commencer à se rendre compte des possibilités que leur offre la science, ils comprendraient l'absurdité de leur situation actuelle et seraient mieux en état de la modifier. Dans ce but, il faut que la science soit enseignée et cela d'une manière qui mette en valeur son rôle dans les transformations du monde.

« La cupidité individuelle ou collective, le désir de maintenir dans la société un ordre ou une hiérarchie périmés, ont été dans le passé et sont aujourd'hui de puissants facteurs pour retarder le progrès. Si nous n'en finissons pas avec eux, et sans délai, il a aucun espoir pour un monde meilleur. C est là le problème le plus important de notre époque, et c'est un problème social et politique. Il sera résolu par les peuples eux-mêmes. Mais la science est nécessaire pour trouver les formes techniques de la solution et en accélérer l'application ; cette raison à elle seule exige que le peuple comprenne, mieux peut-être que les savants eux-mêmes, ce que représente la science moderne et les services qu'on peut attendre d'elle. » Ceci m'amène à ce que je voulais indiquer pour conclure, comme dernier aspect de la liaison nécessaire entre la science et la vie, entre la pensée et l'action, au devoir du savant de rester en contact avec les autres hommes même sur le plan de la science, de ne pas donner à celle-ci un caractère trop ésotérique qui risquerait de creuser un fossé entre ses représentants et le gros de l'espèce humaine. C'est là une tâche d'autant plus difficile que la rapidité avec laquelle notre science évolue fait que nous avons nous-mêmes de la peine à suivre. Mais s'il devait arriver que seuls quelques initiés puissent participer à la joie de comprendre et à la possibilité d'agir, notre humanité courrait un grand danger. Le gouvernement des savants auquel pensait Ernest Renan serait, en effet, aussi dangereux que toute autre sorte de dictature d'un homme ou d'une oligarchie. L'expérience nous montre qu'un homme disposant d'une puissance excessive, politique ou financière se déséquilibre : les savants ne feraient pas exception et deviendraient aussi des fous dangereux. Il faut donc qu'à l'effort de construire la science, nous joignons celui de la rendre accessible, de manière que l'humanité poursuive sa marche en formation serrée, sans avant-garde perdue ni arrière-garde traînante. Il nous faut maintenir le contact, et je suis pour ma part pleinement convaincu de la possibilité d'accomplir ce devoir de diffusion de la vraie science qui s'impose à nous comme un des aspects de notre action sociale. Ainsi pourrons-nous contribuer, non seulement à la libération matérielle, mais encore à la libération spirituelle des hommes.

  • Source: Pour l'Ere Nouvelle